Publicité sexiste : l’humour vu comme un prétexte !

Par ce qu’elle est partout et qu’elle influence notre regard et la société. La publicité doit se montrer saine, loyale, véridique bref exemplaire. La communication à travers une publicité doit être avant tout responsable. Or c’est encore loin d’être le cas. Et  le Publi sexisme (l’utilisation de représentations et de messages sexistes dans une publicité) a apparemment de beaux jours devant lui.

Les contenus inappropriés et dégradants des grands opérateurs

Au fil des années le sexisme flagrant trouve de plus en plus de détracteurs. Mais pas question pour certaines entreprises de renoncer à d’illustres techniques publicitaires et ils ont plus d’un tour dans leur sac. Pourquoi ne pas utiliser l’humour ? Sous couvert du second degré, des publicitaires utilisent régulièrement des clichés bien ancrés et déclenchent un (bad) buzz pour donner un coup de projecteur à la marque.
Il y’a quelques mois Orange avait posté ce message : « la go qui t’a fait vu là, son gars a Orange money ». 

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que la go qui a vu ton message et qui n’y répond pas, son copain lui fait des transferts Orange Money, elle n’a donc pas besoin de ton argent. Contenu très inapproprié à mon avis. Un autre post d’orange : « chaque femme mérite de se réveiller avec un dépôt Orange Money ». Déplacé, rabaissant, réducteur et profondément sexiste. Ce sont les qualificatifs qui ressortent de ces pubs.

La publicité n’a pas besoin de stéréotype pour faire ses preuves. En travaillant bien le processus de création d’une publicité, les marques doivent se questionner largement sur les valeurs de leurs entreprises, les transformations doivent être profondes.

Le bad buzz « syndicat-2000 »

Le trophée pire pub sexiste en 2020 revient sans nul doute à la banque UBA et Orange qui ont essayé de surfer sur le buzz « Syndicat-2000 ». Je vous explique : ces derniers jours, nous avons vu circuler sur internet les publications « d’un syndicat ». Attendez là, une organisation informelle, virtuelle et « plaisantin » pour utiliser leurs mots. Le sujet des posts, remettre 2000 f Cfa comme frais de transport aux filles « petites amies » lorsqu’elles vont rendre visite à leurs copains. Inutile donc de préciser le buzz que ces publications à caractère sexiste ont provoqué.

Mais ce qui a interloqué certain.es internautes c’est l’implication de ces grands opérateurs économiques (cités ci-dessus) dans ce buzz, le résultat recherché par ces derniers, surfé sur un buzz pour promouvoir leurs services. La pilule est donc male passée chez beaucoup d’internautes [clients ou potentiels clients de l’entreprise].

A propos du  » syndicat 2000″, mettons de côté nos émotions un instant et analysons. Ce concept renvoie une image dégradante et dévalorisante de la femme. On est en 2020, les femmes sont cheffes d’entreprise, directrice d’ONG, présidente d’Etat, commerçantes, mécaniciennes, menuisières. Bref elles sont émancipées et indépendantes. Et vous ne trouvez rien de positif à dire sur Elles que cette  histoires «de remettre 2000 f Cfa comme frais de transport ». Aux hommes qui sont membre de « ce syndicat  » vous avez donc si peu de considération et de respect  pour les femmes que vous fréquentez ? Et aux femmes du « syndicat » , qui soutiennent ces propos réducteurs, ous avez donc si peu de considération et de respect pour vous mêmes ? Si c’est le cas, c’est bien dommage.

A ceux-celles qui vont répondre que certaines femmes exigent des frais de taxi ou autre, sachez que rien ne vous oblige à leurs donner de l’argent. Ce n’est ni normal, ni obligatoire.

Un reflet et un impact dur la société
Me direz vous tantôt que c’est de l’humour, et non ce n’est pas le cas. Ceci n’est pas drôle. Au contraire c’est dangereux. Le positionnement de l’homme en tant que mâle dominant, la réduction de la femme à l’état d’objet ne sont pas inoffensifs. « La publicité est une forme de communication très puissante. La publicité influence nos choix et nos décisions, forge nos représentations et reflète la société elle – même. Connaissant son pouvoir et plutôt que faire perdurer des clichés réducteurs et dévalorisants, ne serait ce pas l’occasion d’en faire plutôt un outil de grande portée pour lutter contre le sexisme ordinaire et la misogynie. ». Pour citer le magazine Gizette.com

NB:

Les entreprises ont à la fois une mission financière et sociale. Elles ont la responsabilité de promouvoir des valeurs justes et de contribuer au changement social .  Vous devez respecter vos chartes et les conventions internationales qui prévaut l’égalité et le respect des dignités individuelles. Vous avez  une responsabilité vis-à-vis des client.es contrairement aux membre du « syndicat 2000 ».