Patricia Lamah ou l’émancipation par la coiffure!

Gagnante des ciseaux d’or Koiffure Kitoko (saison 3), entrepreneure, juriste, patriote et maman. Patricia Lamah du haut de ses 32 ans ne cesse de nous en mettre plein la vue. D’une carrière juridique à promotrice d’un salon de coiffure, elle a su faire de sa passion un métier rentable et digne. Voici la womanagerstory de Patricia Lamah.

Patricia Lamah et son équipe

Parlez-nous de vous.

Je suis  Patricia Lamah, je suis Guinéenne, juriste de formation et mère d’une princesse de 5 ans. J’ai 32 ans, je suis passionnée de coiffure et promotrice du salon de coiffure (Pats natural beauty). Je J’ai eu une enfance difficile car j’ai perdu mes parents très tôt, j’ai donc été éduquée par ma grand-mère

J’ai  intégré l’institution Sainte-Marie en 2003 où j’ai décroché mon baccalauréat unique en 2006. N’ayant pas les moyens d’aller étudier en dehors du pays, j’ai intégré l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia où j’ai obtenu ma maîtrise en droit privé.

En 2011 j’ai intégré une prestigieuse banque de mon pays en tant que assistante juridique puis 18 mois plus tard j’ai été recrutée par une autre banque comme conseillère juridique et responsable contentieux de cette banque pendant 6 ans. En 2018 mon amour pour la coiffure me pousse à me présenter à la saison 3 de l’émission coiffure kitoko dont j’ai été lauréate.

le salon de Patricia Lamah

Quel mot vous vient à l’esprit quand vous entendez « femme Africaine » ?

J’entends par « femme Africaine », le socle du développement de l’Afrique. Le développement prend sa racine dans l’éducation et le rôle joue par la femme est déterminant.

 Qu’est-ce qui vous a poussé à vous inscrire à Koiffure kitoko ?

J’ai toujours été passionnée de coiffure. J’aimais coiffer mes amies, m’occuper de mes cheveux et surtout présenter mes créations (elles étaient un peu mes petites œuvres d’art). Au fur et à mesure que je m’appliquais, je partageais mes créations sur les réseaux sociaux. De nombreuses connaissances venaient alors se coiffer à la maison. La demande devenant forte et importante, j’ai compris que je devais m’y intéresser sérieusement à ce domaine et pourquoi ne pas en faire mon métier… Par la suite, j’ai décidé d’ouvrir un salon. Et c’est de là que tout est parti.

Coiffure kitoko était un défi personnel car ayant ouvert un salon nappy ; je voulais prouver que j’avais ma place dans ce domaine et surtout ce concours et que mon pays la Guinée regorge de talent qui doit être promu sur le plan régional.  Je me suis présentée et j’ai été lauréate de la saison trois.

Patricia Lamah

Qu’est-ce que cette aventure a changé́ en vous?

Ce fut une aventure extraordinaire et l’une des meilleures expériences de ma vie. J’étais en compétition avec des coiffeuses de sept autres pays du continent. Stress, émotion et compétitivité étaient au rendez-vous. Et  j’ai pu relever ce défi qui m’a rendue fière de moi. Je suis rentrée dans mon pays avec ce trophée qui est arrivé à point nommé. Mes compatriotes ont été et sont toujours fiers de moi.

Hisser les couleurs de notre drapeau à l’échelle panafricaine demeure une fierté et un immense bonheur pour moi. J’ai eu plus de visibilité dans mon domaine et cela m’a permis de mener à bien mon combat qui est la valorisation du tein naturel et des cheveux crépus.

Et comme leçon, j’ai appris qu’il faut croire en ses rêves et ne jamais se laisser influencer par quoi que ce soit. Et le plus important « croire en soi ».

l’équipe de Patricia Lamah

Quel est votre leitmotiv?

« Travaille dur car Dieu n’abandonne jamais ses enfants ; mets Le au centre de ta vie et Il t’offrira le monde ».

Sur quel projet travaillez-vous actuellement?

Actuellement je viens de finir la rénovation de mon sanctuaire capillaire (salon de coiffure nappy) à kipe. Je travaille sur  l’ouverture d’un nouveau salon à dabondy, et d’un autre  salon à l’intérieur du pays. Je suis aussi  concentrée sur ma gamme de produits cosmétiques bio « pats » qui est beaucoup appréciée par les clients.

Quels conseils avez-vous pour nos lectrices?

Je dirais juste qu’il faut croire en ses rêves et de se donner les moyens  de les réaliser tout en bossant dur. Ne vous laissez pas distraire par les choses superflues de ce monde. Le métier et la connaissance ne nous abandonnent jamais sauf à la mort. Faites ce que vous aimez et surtout n’abandonnez jamais.