Monologue d’une femme violentée et assassinée par son mari

J’ai réalisé à cet instant qu’il n’y avait plus rien à faire, j’ai compris à cet instant que ça serait la dernière fois que je verrai ce visage que j’ai tant chéri jadis, mais qui m’as effrayé jour après jour depuis un certain temps. Avec le pilon, j’ai reçu l’ultime coup, celui duquel je ne me réveillerai plus.
Cela faisait déjà 4 ans et demi, que nous nous sommes mariés. J’avais accouché de deux magnifiques bébés, le premier une fille de 2 ans, et le second un petit garçon de 8 mois.
On sortait ensemble depuis 1 an, quand sous pression de la famille, j’ai exigé le mariage.
Les premiers coups que j’ai reçu
A aucun moment, je n’ai pensé que ma vie serait une tragédie, au contraire je pensais que ma vie d’épouse serait un havre de paix.
La première fois, c’était une gifle, par ce que j’étais rentré après le crépuscule, et il ne voulait absolument pas que les gens se disent qu’il avait épousé une dévergondée, insoumise. Son rôle était de bien me corriger, par ce que je manquais d’éducation selon lui.
Quand j’ai vu la paume de sa main, atterrir violemment sur mes jougs, l’euphorie des premiers instants de mariage disparu illico.
Je n’ai prévenu personne au départ, par ce que chez nous il est fortement déconseillé de parler de ce qui se passe dans le foyer. « Une femme doit savoir taire et supporter les moments durs du mariage » m’a t_on toujours dit.
Après cette première fois, une avalanche de coups a commencé à me tomber dessus jour après jour. Comment diable pouvais-je éviter ces coups que je méritais bien selon ma belle famille.
Humiliation, affront, douleur étaient devenu des vocables qui définissent bien ma vie.
Ainsi, je fais parti d’une longue liste de femmes violentées
Enfin j’ai pris la résolution d’en parler à ma famille, mais leur conseil était celui-ci : tu sais, être femme, c’est savoir se sacrifier pour ses enfants, et sauvegarder son foyer quoi qui arrive » et elle disait que le marabout du quartier, sous leur instruction discutera avec ma belle-famille.
A mes derniers instants, j’ai eu une pensée forte pour mes enfants. Comment diable survivraient ils dans un monde où leur mère n’a pas été épargnée, où leur mère n’a pas su se protéger, et leurs mettre en sécurité?
Vous verrez sans doute, des »RIP » sur mes photos, sur les réseaux sociaux. Vous verrez sans doute de beaux textes pour me rendre hommage. Et avec un peu de chance vous verrez aussi des ONG de la place dénoncer l’acte de violence dont j’ai été victime.
Et oui je serai sûrement cité parmi celles qui m’ont précédé, et n’auront pas survécu elles non plus. Je suis probablement la vingtième, où trentième ou même quarantième femme victime de violences conjugales de début 2019 à nos jours.
Mais le plus déplorable, serait le fait que d’autres actes de ce type seront tolérés, cachés et même justifiés par la société. Mon ultime conseil, si vous êtes vous aussi, victime de violences conjugales parlez en, et prenez les dispositions pour ne pas avoir une histoire similaire à la mienne. Aucune femme ne mérite une telle histoire.