Halimatou Soucko, Une Femme aux Multiples Passions

Chercheuse en Géopolitique spécialisée dans les questions de lutte contre le terrorisme dans le Sahel, journaliste sur des questions sociopolitiques, artiste illustratrice et peintre, consultante-Manager en Marketing ; écrivaine, conférencière, blogueuse, et créatrice de contenu écrit et vidéo. Présidente fondatrice de Féministes sans Frontières et aussi fondatrice de Dionya Kèle.
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Qui est Halimatou Soucko?
Je suis une malienne dans la vingtaine: bambara de par ma mère et mandingue de par mon père. Après des études primaires et secondaires en Libye achevées par l’obtention du DNB, (un diplôme d’État français obtenu au terme de la scolarité en collège). J’effectuai la suite de mes études à Bamako jusqu’à l’obtention d’un baccalauréat en série Langues et Littérature. C’est par la suite que je me suis retrouvée au Maroc dans le cadre d’une bourse d’excellence. Au terme de mon cycle universitaire, J’ai obtenu une Licence en sciences juridiques et politiques, et un Master en Géopolitique et Relations internationales. En parallèle à mes études, j’ai toujours été très active dans le milieu associatif.
Aujourd’hui, je suis chercheuse en Géopolitique spécialisée dans les questions de lutte contre le terrorisme dans le Sahel, journaliste sur des questions sociopolitiques, artiste illustratrice et peintre, consultante-Manager en Marketing, écrivaine public à mon compte, conférencière, blogueuse, et créatrice de contenu écrit et vidéo. Par ailleurs je suis la présidente fondatrice de Féministes sans Frontières, une organisation qui milite pour l’égalité femme-homme et la lutte contre les violences basées sur le genre. Ainsi que fondatrice de Dionya Kèle, une association qui milite contre l’esclavage domestique des travailleuses domestiques. Nous nous focalisons principalement dans l’accompagnement des travailleuses domestiques maliennes dans les pays du golfe.
Avec ces différentes casquettes, J’ai longtemps cru que j’étais «dispersée » jusqu’à ce que je tombe l’année passée, sur le terme «Multi potentiel » lors d’un colloque de psychologie. Ce fut comme un soulagement. Je mettais enfin un mot sur quelque chose que je vivais mais que je n’arrivais pas à définir. J’ai réalisé que je n’étais pas dispersée mais que je faisais partie de celles et ceux que les psychologues qualifient de mut potentielles, des personnes qui évoluent avec brio, dans des différents secteurs, et qui font mentir l’adage selon lequel : « On ne peut pas courir derrière plusieurs lièvres à la fois. » Rires.
Il y a des personnes multi passionnées, qui excellent dans plusieurs domaines différents. Pour ces personnes, choisir une seule voie, un seul métier, ou une seule case serait douloureux.
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Quel mot vous vient à l’esprit quand vous entendez « femme Africaine » ?
Le mot qui me vient à l’esprit quand j’entends ‘’femme africaine‘’ est : entrepreneuse ! Et pour cause, l’Afrique est la région du monde où il y a le plus de femmes entrepreneuses. Une réalité dont on ne parle pas assez !
Selon une étude publiée par le cabinet Rolland Berger, 24 % des femmes africaines sont des entrepreneuses, soit un taux beaucoup plus élevé que ceux enregistrés en Amérique latine et Caraïbes (17%), en Amérique du Nord (12%) et en Europe et Asie centrale (8%).
Entre 150 millions et 200 milliards de dollars de valeur ajoutée sont créés par ces femmes africaines, estime la même étude.
Pourtant d’énormes discriminations et violences multiformes pèsent sur elles, en raison du caractère encore très patriarcal de nos sociétés. Imaginez si ces femmes évoluaient dans des environnements libres de discriminations et violences basées sur le genre, elles auraient davantage moins d’obstacles à entreprendre, et cela aurait un impact extraordinaire sur la croissance du continent. Le pourcentage des 24% serait certainement, largement dépassé. C’est ce que martelait d’ailleurs l’ancien dirigeant burkinabé Thomas Sankara que j’admire, et sur lequel j’ai écrit un article intitulé : ‘’Thomas Sankara, le féministe oublié ’’Il liait la libération des femmes du joug patriarcal comme préalable à une réelle émergence de l’Afrique. Quand la moitié de la population d’un pays (les femmes) a les mêmes droits, opportunités et libertés, que l’autre moitié (les hommes) le pays ne peut qu’être meilleure.
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Le terrorisme patriarcal maintient les femmes sous le joug de la peur et de la méfiance. Dans l'espace public, (et même souvent dans l'espace privé) en tant que femmes, on est obligées d'être toujours sur nos gardes.— Halimatou Soucko (@HalimatouSoucko) January 29, 2020
Quel est votre leithmotiv?
Alors, je suis un peu gourmande. J’ai deux leithmotivs. Rires.
Le premier est : « Je ne veux pas me reprocher un jour de n’avoir pas tout essayé jusqu’au bout ».
Au crépuscule de ma vie, je ne veux pas regarder en arrière et réaliser que je n’ai pas suffisamment exploité le potentiel que Dieu a placé en moi. En retournant à lui, je dois pouvoir dire : J’ai exploité et fait bon usage du temps et du potentiel qui m’ont été accordés.
Le deuxième est : « L’activisme est le loyer que je paie pour vivre sur cette planète. » Cette citation de la féministe Alice Walker guide mes pas. Elle intime l’idée qu’il faut s’engager pour une cause plus grande que soi.
Nous avons la responsabilité de laisser le monde meilleur, que tel qu’on l’a trouvé.
Vos mots de la fin….
Je vous remercie de m’avoir invitée à prendre la parole. Et je souhaite une très longue vie à womanager qui participe de façon magnifique, à visibiliser les femmes et valoriser leurs histoires. Je voudrais aussi remercier mes proches, mes ami.e.s, et toutes les personnes qui me suivent, lisent, qui m’écoutent et me soutiennent au quotidien sur Facebook, twitter, Instagram. Toutes les personnes qui me témoignent avec constance de leur affection, respect et soutien. A tous ces gens, je dis: je vous aime.